Entretien avec Maxime Mianat, co-auteur de l'ouvrage« Le gros livre de la Ligue 2 » chez Hugo Sport.

Micmac Football club, Le Bidonero, Champions - Les Bleus Sur Le Toit Du Monde, "l'humour à la limite du hors-jeu " dans notre livre Décalages, périple à travers le foot, chez Ecrire le sport nous apprécions le travail de Maxime Mianat depuis plusieurs années (même s'il a ruiné notre asso en commandant un dessert hors de prix dans un resto caennais lors de sa venue en 2016 : vidéo dispo ici)... Et nous avons une passion commune, la Ligue 2 ! Rencontre avec un trublion de l'internet !



« Des stades minuscules, des joueurs sous cotés (et inversement bien souvent), des tribunes en terre, des kops familiaux et moustachus, des buvettes pompettes, des mascottes improbables, de la passion, de l’authenticité, du tourisme champêtre… ». Es-tu d’accord avec cette définition très 1990 de la L2 selon Sébastien Thoen ? Si non, quelle est la tienne ?


Sébastien Thoen a une vision très idéalisée s’expliquant notamment par la surexposition actuelle du foot et la multiplication des grosses affiches européennes vues et revues. Dans l’imaginaire populaire, la L2 reflète – ou a longtemps reflété – les valeurs d’un foot fantasmé, celui des potes, de l’enfance, des joueurs un peu gros, un peu laids, avec lesquels on peut s’identifier (je parle pour moi, étant personnellement très laid). Comme dans tout, il y a un juste milieu. Oui, la L2 regroupe les villes dénigrées de Province, certains stades à l’ambiance champêtre, une communication moins hermétique qu’en L1, d’où une empathie naturelle à son encontre. Mais quand tu observes le nombre de grands joueurs passés dans cette division, la popularité et l’histoire de ses clubs le plus assidus, tu es obligé d’admettre que la L2 est un championnat compétitif et concurrentiel.

Plutôt que suivre le train en marche du football moderne, je préfère garder en mémoire mes premières érections d’ado devant les années de l’ASSE en D2, les montées de Châteauroux, de Martigues, les exploits de Gueugnon, l’apprentissage de la géographie française grâce à Charleville-Mézières et Louhans-Cuiseaux.

La L2, c’est le souvenir du football que l’on a aimé



Pourquoi le choix de ce nouveau projet ? Qu’est-ce qui t’attire dans ce championnat ?


J’avais envie de nouveauté. De partir sur un terrain vierge. Bizarrement, personne n’a jamais consacré de livres sur la Ligue 2, ou alors des encyclopédies un peu hermétiques. Avec Thomas Bonnavent, nous trouvions qu’il y avait des histoires à raconter, des parcours de joueurs, des saisons extraordinaires, des exploits et des déchéances de clubs qui ont marqué le football français. La L2 a ses propres stars, ses propres légendes. Le livre fait près de 300 pages mais nous aurions pu en écrire le double.


Des entretiens, des équipes types, des records et des bides, l’histoire des clubs… Comment as-tu travaillé avec Thomas Bonnavent ?


D’abord en sélectionnant les clubs les plus représentatifs de l’histoire du championnat, les petites histoires méritant d’être contées et nos envies personnelles, nos souvenirs. J’avais été marqué par la capacité de Laval à trouver de bons buteurs (Mauricio, Lobé…) : écrivons-donc un chapitre « But à Laval » ! Nous avons contacté des dizaines – une centaine, en fait – de témoins des années 60 à 2020 pour revenir sur les grandes saisons des clubs… ou l’anecdotique, parfois. Thomas privilégiait les interviews plus récentes, j’optais légèrement pour le côté vintage, le foot des années 90, même les papiers plus historiques comme les Millionnaires d’Angers, le jubilé de Platini ou le record de buts toutes années confondues de Gérard Grizzetti.



Comme Jean-Marc Furlan, penses-tu qu’il s’agisse du championnat le plus imprévisible ?


Oui, cela s’explique notamment par la difficulté pour un club relégué de L1 d’enchaîner par une remontée immédiate. Dès lors, la donne change chaque saison, et certains clubs parviennent même à surfer sur leur montée de National pour jouer les trouble-fêtes. Ce sont des clubs fragiles économiquement, contraints à effectuer des paris… à se faire prêter des talents de l’élite qui explosent ou à bénéficier de la grâce d’un buteur slovaque recruté pas cher en Belgique. La seule chose écrite dans le marbre, c’est que Le Havre ne montera pas.


Quel joueur, coach et équipe incarnent le plus la L2 pour toi ?


Sans aucun doute Le Havre, Nancy, Laval et Châteauroux, bref, toutes ces villes où personne ne va en vacances. Le Havre et Nancy pour le record de titres (5), Châteauroux pour le nombre de saisons, et Laval pour la beauté du palindrome – et la couleur du maillot.

En joueur récent, tu vas forcément citer Benjamin Nivet… même s’il est plutôt un joueur de L1 dans mon esprit.

Nous avons dressé la liste des coachs typiques de L2 dans le livre. Elle est exceptionnelle. L’un de ces hommes succédera sans doute à Rudi Garcia à l’OL : Zvunka, Froger, Goudet, Garcia, Rust, Cartier, Nouzaret, Hinschberger.


Si tu devais faire l’équipe type de la Ligue 2, qui choisirais-tu ?


G : Olivier Enjolras

DG : Ferland Mendy

DC : Rudd Kroll

DC : Teddy Bertin

DD : Mickael Buzaré

MDC : Julien Sablé

M : Jean-Marc Guillou

M : Platini

A : Jean-Pierre Orts

A.Marc Berdoll A. Jean-Michel Lesage

Pour terminer, tu connais mon intérêt pour le SM Caen et j’aimerais bien avoir ton avis sur ce club. Bien évidemment, il est dans le chapitre sur « l’ascenseur », mais fait-il réellement partie de la L2 ou comme certains aiment le dire plutôt de la Ligue 1.5 ?


Caen est une légende de la division et l’on consacre plusieurs pages au titre de 1996 avec une longue interview de Franck Priou.

C’est typiquement un club de Ligue 1,5, oscillant entre la 13e place de L1 et le top 10 de L2. Pour ce type de club, je crois vraiment qu’il est préférable de descendre le plus rapidement possible afin de jouer le titre en L2 et de remporter un trophée – la stratégie mis en place récemment par le FC Metz.


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